Voilà un titre sur lequel les aficionados du rap et les plus réticents vont pouvoir s’entendre.
On savait déjà que Kendrick Lamar faisait partie des grands noms du rap US, mais c’est avec son titre « Alright » (disponible sur son nouvel album «To pimp a Butterfly») qu’il nous offre une vraie claque musicale, esthétique et morale.

Le rappeur californien n’a pas hésité à écrire une chanson engagée qui dénonce les violences policières, notamment celles envers les jeunes afro-américains. Dans une Amérique armée jusqu’aux dents et getthoïsée, le titre fait figure de coup de poing dirigé aux autorités américaines. Lamar parle d’«apartheid» et de «guerre urbaine», des termes forts qui révèlent une réalité bien loin de l’American Dream des 19e et 20e siècles.

Outre un son terriblement efficace, mêlant rap, funk et jazz, «Alright» est un objet artistique à part entière. Le clip en noir et blanc, réel court-métrage, est époustouflant. Un jeune afro-américain survole la jungle urbaine californienne tel un ange, la contemple, entre amour et rancoeur. Parce que sa ville est art, communauté, grandeur mais aussi parce qu’elle a égratigné et perverti le jeune homme perdu qu’il était. Le film atteint son apogée à la fin, nous laissant seul face à notre colère et notre incompréhension.

Comme le disait Tupac, (tué par un policier angeleno selon certains…) «Life goes on». Le combat contre la violence ethnique n’est pas terminé et loin d’être vain. Il faut applaudir et encourager ces artistes qui nous font réfléchir et «portent la plume dans la plaie» (Albert Londres)

Pour écouter et voir « Alright », clique ici: http://www.youtube.com/watch?v=Z-48u_uWMHY

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