L’Etranger.
Un titre qui fait appel à nos (lointains) souvenirs collégiens. On l’a écorné et souligné au crayon à papier, ce bouquin qu’on ne saisissait pas vraiment, du haut de nos quatorze ans.
L’Etranger est au Panthéon des ouvrages qu’il faut avoir lu, non pas par snobisme ou intellectualisme zélés, mais par pur plaisir. Loin des livres ardus à la Proust, Camus nous livre ici un mélange savant entre simplicité (loin d’être simpliste), poésie et absurdité.<a

href= »https://sophieswanderlust.files.wordpress.com/2015/09/img_1419.jpg »&gt;IMG_1419Jacques Ferrandez, algérien d’origine, a osé s’attaquer à ce chef d’oeuvre de l’irrationnel, avec succès. La singularité de son oeuvre? Une BD. Oui, une «vulgaire» BD, emblème même de la pop culture. Ferrandez retrace l’histoire du célèbre Meursault, personnage insaisissable et lointain, condamné à mort pour le meurtre déraisonné d’un homme innocent.

La BD peut être un complément à la lecture de l’oeuvre originale mais elle peut aussi être lue seule. L’illustrateur s’accorde avec finesse au texte de Camus et retranscrit les sensations qu’on a pu ressentir à la lecture du roman. Le soleil irradiant, la chaleur épaisse, l’absurdité de l’existence, la colère… les dessins de Ferrandez nous transportent littéralement ailleurs; cet ailleurs si déconnecté de la réalité brute évoquée par l’histoire: la mort. Deux parties distinctes, l’une solaire et lumineuse, l’autre sombre et menaçante, évoquent clairement le cheminement moral de Meursault, jusqu’à un point de non-retour violent.

A travers des dessins pastels emplis de poésie et de sensibilité, Ferrandez nous donne le plaisir de (re)découvrir des classiques, parfois oubliés au fond de notre bibliothèque poussiéreuse. Au-delà d’un travail remarquable, la BD est un superbe objet qu’on garde précieusement … sans l’écorner cette fois-ci !

IMG_1417Pour finir, un gribouillage de ma part représentant Meursault face au prêtre

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See you 🙂

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