Crimson quoi ?

Placardée sur un mur de béton grisâtre, une publicité pour Crimson Peak.
Abritée sous la colonne Morris vert anglais de ma rue, l’affiche de Crimson Peak.
Dans la bouche des critiques cinéma, un mystérieux nom: «Crimson Peak».

Je décidai donc, l’esprit vierge de toute bande-annonce ou résumé, d’aller voir par moi-même ce que qui se cachait derrière ce nom teinté de mystère.
Confortablement assise dans un fauteuil rouge vermeil, j’attends. Quoi ? Je n’en ai pas la moindre idée. Un film d’horreur ? Fantastique ? D’auteur…?

Dès les premières images, je plonge dans un conte funèbre, lugubre et gothique. Je n’en ressortirai difficilement que deux heures plus tard.Crimson-Peak-2015-Movie-Poster-Wallpaper

Une histoire envoutante

Edith Cushing, jeune romancière crayeuse, vit à Buffalo avec son père, un homme notoire et charismatique. Mais depuis son enfance, la jeune femme est littéralement hantée par la mort de sa mère qui ne cesse de lui souffler un énigmatique message: « Prends garde à Crimson Peak ».
Après la mort subite (et sanglante) de son père, elle succombe au charme d’un inconnu au teint blafard et aux cheveux ébènes. Edith déménage alors dans une tour au toit dangereusement béant, qui semble aspirée par une terre argileuse rouge sang.

Peu à peu, je comprend ce que signifie «Crimson Peak»: une bâtisse agonisante dont les murs suintent des désirs inavoués et macabres de ses propriétaires. Les personnages coexistent douloureusement avec les fantômes de leur passé, expression sensible de leur propre damnation.
La vérité est là, quelque part, entre amour et destruction, beauté et horreur, luxure et noirceur.

Une fable qui m’a transportée

Crimson Peak n’est pas vraiment un film d’horreur (bien que quelques sursauts sont à prévoir…), c’est plutôt une romance gothique languissante et glaçante, un objet esthétique précieux et immortel. Guillermo Del Toro a magnifiquement modernisé un genre oublié, le film d’épouvante gothique, tout en respectant ses codes fondamentaux.

Je suis ressortie du cinéma enchantée, convaincue d’avoir vu une oeuvre cinématographique unique en son genre, comparable à une enluminure médiévale ou un roman noir anglais du milieu du XIXe. En bref, on est bien loin des films d’horreur vulgaires et gores, mal filmés et surtout au scénario bancal (quand il y en a un…)

See you et …
Joyeux Halloween 🙂

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