Les gens heureux lisent et boivent du café : un titre sympa qui évoque une foule de pensées aux férus de lecture. On s’imagine déjà dévorant ce petit bouquin, emmitouflé au coin du feu, une tasse fumante à la main. Mais mes espérances se sont vite consumées, laissant place à une déception non dissimulée.

Il faut garder en tête que le roman d’Agnès Martin-Lugand a d’abord été auto-édité sur la Toile, puis repéré par une maison d’édition pour enfin prendre vie sur papier. L’auteure, jusqu’alors méconnue du public, se fait doucement une place sur la scène littéraire, notamment avec le second tome, La Vie est facile ne t’inquiète pas, paru cette année. Ses écrits méritent-ils d’être publiés en poche ou auraient-ils dû rester en format Kindle? Une question sans équivoque.

Les gens heureux lisent et boivent du café raconte, ou plutôt se donne la prétentieuse ambition de raconter, le deuil. Le début du roman est sympathique, bien qu’un peu larmoyant. On fait la rencontre de Diane, une femme qui avait tout pour être heureuse : un mari aimant, une petite fille de sept ans, un café parisien où les gens venaient lire et boire du café… Mais sa vie bascule après l’accident des deux personnes les plus chères à sa vie : son amoureux et sa fille. On plonge alors dans les réminiscences amères de la jeune femme, ses moments de doutes, ses errances et ses pleurs.

Jusqu’au jour où, dans un dernier élan de vie, elle décide de se reprendre en main. Diane s’exile alors en Irlande, où elle va croiser le chemin d’Edward, son voisin taciturne et revêche qui va, malgré elle, malgré eux, la faire craquer. Entre remords, passion, deuil et reconstruction, Diane est perdue (et on aimerait franchement la laisser là).

C’est tout. Il n’y a pas grand chose à ajouter. Voilà son histoire.

Si le livre se laisse lire facilement, il manque cruellement d’épaisseur et de style. Les personnages  peinent à sortir des stéréotypes : le meilleur ami gay à la sexualité débridée, le voisin ténébreux qu’on déteste avant d’en tomber éperdument amoureuse, l’ex-copine séductrice et jalouse, les Irlandais chaleureux et fanatiques de Guinness… La psychologie des personnages est réductrice et prévisible, à tel point que l’on devine les soubresauts de l’intrigue avant même qu’ils ne s’esquissent sur le papier.

Les gens heureux lisent et boivent du café ? Probablement, mais ils ne lisent pas ce bouquin.

See you 🙂

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