J’avais d’abord pensé écrire sur «Borders», le nouveau clip coup de poing de MIA sur la crise des réfugiés (qui, d’ailleurs, est à ne pas louper). Et puis, en feuilletant les pages glacées des Inrocks, je suis tombée sous le charme d’une jeune artiste canadienne au look de teenager grungy : Grimes. Après avoir écouté distraitement quelques-uns de ses morceaux, je me suis davantage concentrée sur son univers chimérique, pour enfin passer le weekend à écouter tout son travail avec un émerveillement teinté de perplexité. Sa musique est littéralement fantastique, un peu cinglée, totalement DIY et teintée d’ésotérisme. Coup d’oeil sur «the next big thing» (LesInrocks).

Sous ses airs de frêle et pâlotte candide, Claire Boucher (pour l’état civil) est LA révélation de l’année que les plus grands labels se déchirent et les critiques les plus pointues acclament.

Son nouvel album, Art Angels, sorti il y a quelques jours, fait déjà l’objet de tous les désirs. Inclassable, l’album marque un tournant pop surprenant, entre fulgurances électro et mélodies mystiques. La Canadienne dépasse le côté «joyeux bordel» de son précédent album Oblivion, un petit bijou alliant rock underground, hip-pop et k-pop.

La musique de Grimes sort tout droit d’un conte : fragile, ténébreuse, tragique et fantasque à la fois. A l’écoute de ses mélodies, on s’imagine tantôt dans des squats crasseux, tantôt dans un monde futuriste aseptisé.

Mais Grimes c’est aussi une esthétique soigneusement imaginée. Son apparence d’ado attardée déguise une pensée féministe à la Pussy Riot et une créativité sans borne. Un univers qui oscille entre douceur juvénile et esprit résolument punk. La preuve avec ses pochettes d’albums, l’atmosphère paradoxale de ses clips et son Instagram singulier.

Vous êtes prévenus, Grimes est la nouvelle fille à suivre.

Bonne écoute et … See you 🙂

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