Paper Town. 

Voilà un titre « qui a de la gueule ». Le genre de titre qui intrigue, qui fait rêver, qui titille notre imagination. Me fiant uniquement à la poésie de l’intitulé et à la notoriété de l’auteur -John Green- j’ai commandé sur Internet ce livre dans sa version anglaise. Abandonné derrière une montagne d’autres bouquins, Paper Town attendait impatiemment d’être dévoré. Lorsque j’ai appris la sortie sur grand écran de La Face cachée de Margo (traduction française du titre), je me suis enfin lancée dans la lecture de ce livre que j’avais un peu oublié.

Mar-go-Roth-Spie-gel-man, le nom aux six syllabes qui fait fantasmer Quentin depuis son enfance. Elle habite en face de chez lui, mais les deux adolescents ne font que se croiser au lycée; il lui lance des sourires timides, elle lui répond par une indifférence malicieuse.

Alors forcément, quand elle se faufile dans la chambre de Quentin, une nuit, pour l’entraîner dans ses pérégrinations extravagantes, il la suit. Mais le lendemain, après avoir passé une folle nuit blanche à travers la ville, Margo n’est plus là. Elle a disparue. Quentin, tombé sous le charme de cette fille mystique, va alors tout faire pour décrypter les indices qu’elle lui a laissé pour la retrouver. Il entreprend alors un road trip désopilant, accompagné de ses fidèles acolytes, à travers les États-Unis. Plus qu’une expédition pour retrouver Margo, la route se révèle être un véritable pèlerinage intérieur pour Quentin. Paradoxalement, plus il s’approche d’elle, plus elle semble lui filer entre les doigts et plus il se révèle à lui-même.

“It’s kind of great, being an idea that everybody likes.” Margo

La face cachée de Margo est un titre plutôt parlant (davantage que Paper Towns, mais bien plus prosaïque). Margo n’est pas le personnage principal de l’histoire, elle est l’histoire. Même après avoir refermé le livre, on reste perplexe face à ce personnage, tantôt de papier, tantôt de chair. Margo, en s’évaporant mystérieusement, se révèle finalement aux autres, plus brute et réelle que jamais. Elle n’est plus simplement une image chimérique créée de toutes pièces et mythifiée par ses camarade. Margo est une gamine taciturne, incomprise et cruellement seule. Elle trouve comme seul refuge l’exil.

“It is so hard to leave—until you leave. And then it is the easiest goddamned thing in the world.” Margo

John Green nous propose une belle réflexion autours de ces personnes que l’on idéalise avant de se rendre compte qu’elles sont simplement humaines et imparfaites. Margo est l’une de ces personnes de papier qui, quand on les voit vraiment (et non l’image que l’on a d’elles) changent notre regard sur beaucoup de choses.

“What a treacherous thing to believe that a person is more than a person.” Quentin

L’auteur parvient à nous offrir un roman fort et drôle à la fois, sans jamais tomber dans le mélo bas de gamme. John Green joue avec les possibilités infinies qu’offre l’écriture et marie ainsi insouciance, délicatesse, humour noir, amour et cynisme.

Paper Town n’est pas un coup de coeur, simplement un très bon livre, et c’est déjà  beaucoup.

See you 🙂

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